L'objectif principal de cette étude était de tester l'hypothèse selon laquelle les sujets travaillant dans des élevages de porcs avaient un portage accru de bactéries résistantes dans leurs flores commensales nasale, pharyngée et digestive, en comparaison avec des individus ne partageant pas cette exposition.
Les objectifs secondaires étaient d'identifier une taille particulière d'élevage ou d'éventuelles pratiques à risque au sein des élevages pour la colonisation par des bactéries résistantes au sein de la population exposée.
Le travail en élevage porcin entraîne un contact direct avec des bactéries présentes chez les porcs, lors des soins, du nettoyage des bâtiments, de la manipulation du lisier ou du fumier, et avec des poussières d’antibiotiques générées lors de la préparation ou de la distribution des aliments.
Une étude a été réalisée en 2000/2001 par la Mutualité sociale agricole et d’autres partenaires, pour savoir si les travailleurs dans des élevages de porcs avaient un portage accru de bactéries résistantes aux antibiotiques en comparaison à des personnes n’ayant eu aucun contact avec les porcs. Aucune différence entre les porchers et les témoins n’a été retrouvée pour le portage de bactéries pathogènes. Par contre, les bactéries habituellement présentes chez les porchers (dans le nez, la gorge et le tube digestif) étaient plus souvent résistantes à certains antibiotiques que celles des personnes témoins. De plus, cette étude a montré que les équipements de protection étaient insuffisamment utilisés par les porchers pendant le travail. Pour réduire ce risque de portage de bactéries résistantes, les moyens de prévention reposent sur l’utilisation raisonnée des antibiotiques, le lavage correct des mains, le port de gants et d’un masque lors de la distribution des aliments préparés, du nettoyage et du changement régulier de la cotte de protection et lors de l’épandage du lisier ou du fumier.